samedi 9 juillet 2011

Fin de voyage...

Et voilà! Comme on dit, toutes les bonnes choses ont une fin... Et mon voyage n'échappe pas à la règle, malheureusement! Mon avion décollera ce soir, m'éloignant petit à petit de ce qui fut mon quotidien pendant presque neuf mois, des amis extras que je me suis fait ici, de la chaleur et de l'ambiance, des petits évènements insolites et hilarants auxquels on assiste tous les jours... Finis les gens qui dorment en équilibre précaire sur leur scooter, les femmes portant des charges démentielles sur leur tête, les enfants qui se balladent à poil dans la rue sans aucune crainte, les vieillards aimables et les mamas généreuses, les terrasses de maquis à perte de vue où l'on ne boit que des bières en bouteille de 65 cl, le piment à toutes les sauces, les jus de fruits exotiques, les chèvres et les ânes devant ma porte, les gens qui dansent partout et tout le temps, les jolies filles et leurs fesses rebondies, les caleçons Barack Obama, les boîtes de nuit qui passent Gala et Westlife, les camions bourrés à craquer de marchandises et de personnes, les tempêtes tropicales soudaines, les marchés colorés, les odeurs d'épices, la naïveté enfantine des jeunes, leurs sourires...
Non, ce n'est pas facile de partir, mais la tristesse du départ est rattrapée par le plaisir de retrouver tout ce qui m'a manqué durant ce voyage... Ma famille (notamment ma nouvelle nièce, Mahine, que je n'ai vu qu'en photo) mes amis, les Gars Dans l'Coin, la blanquette de veau de ma maman, les concerts du Limonaire, ma collection de films, mes fringues, une douche (une vraie), des toilettes (pareil), et tous les petits détails que l'on oublie tant on y est habitué, mais qui nous apportent un confort délectable, et qui manquent tout de même cruellement lorsque l'on baroude...
Cette aventure m'a ressourcé, inspiré, et je l'espère, grandi. Je ne regrette rien de ce qui est arrivé, j'ai su éviter au mieux les ennuis, et toutes les rencontres qui ont jalonnées mon parcours sont arrivées pour de bonnes raisons, ou à tout le moins à point nommé. C'est ce que j'appelle une réussite. La vie continue, et en finissant cette page africaine, je ne fais qu'en commencer une autre. Ce blog ne mourra pas avec mon retour au pays. Au contraire, il vient tout juste de naître. Le prochain chapitre se déroulera vraisemblablement en amérique du sud, d'ici quelques mois, si tout va bien... En attendant, fidèles lecteurs, merci de m'avoir suivi pas à pas à travers ces posts, et pour beaucoup d'entre vous, à très bientôt... Ne bougez pas... J'arrive!

Karate Kids
Awa, la belle femme de Faya, en plein tressage
Tantie prépare le Tô
Lessive africaine
Ma belle voisine 
Masta, beaucoup moins sérieux en vrai que sur les photos
Daniel, dit Dan's, en transe profonde
Faya et Pascaline... Salsa!!!
Tiens! Bin Pascaline justement...
No comment...
Il était temps de rentrer... 

jeudi 23 juin 2011

Ouagadougou... une vie de fou...

Hello! Je vais me répéter en disant que cela fait bien longtemps que je n'avais rien posté sur ce blog, mais c'est ainsi, quand on se laisse aller à vivre en mettant de côté le voyage, on en oublie de prendre des photos et de donner des nouvelles... Bref, un petit post pour vous signaler que tout se passe bien pour moi, pour cette dernière partie de mon périple que j'ai décidé de passer à Ouaga, avec mes amis. J'ai bien failli me rendre dans le nord, vers le Sahel, ou au sud à Gaoua, mais ces dernières semaines ont vu les casernes de Dori et de Bobo déverser leurs militaires dans les rues, à l'instar de Ouaga il y a quelques temps, et ce pour les mêmes revendications salariales et les mêmes conséquences désastreuses (pillages, rapt, viol des soeurs d'un couvent...). Il était donc conseillé de rester dans la capitale.
Cela dit, ça n'a pas été de tout repos ici non plus, et divers évènements m'ont apporté sueurs froides et émotions fortes, me laissant parfois dans un état de pessimisme et de blues total, avec la furieuse envie de rentrer au pays du fromage et des bons vins... Ainsi, plusieurs accidents de la route se sont déroulés devant mes yeux, la plupart sans gravité (sauf pour les motos chinoises), jusqu'à ce que deux filles passent par dessus le capot d'une bagnole, et que l'une meurt devant moi, comme ça, sans que l'on puisse rien y faire. De la même manière, un voleur s'est fait attraper par la population du quartier après avoir dérobé de l'argent à un petit vendeur de beignets, et il s'en est fallu d'un cheveu pour qu'il y passe, tant les coups pleuvaient dru, même de la part des vieillards et des femmes enceintes. Un peu plus tard, j'étais prêt à me battre dans un maquis de nuit contre un type qui croyait que j'en avais après sa copine et qui a eu le malheur de me traiter de "sale blanc"... Heureusement que mes potes étaient là, on ne sait jamais ce qu'il peut arriver dans ce genre de situation.
Bref, tout un tas de petits désagréments qui auraient pu me rendre la vie insupportable, mais qui ont été effacés par les heureux évènements. De nouvelles rencontres, notamment avec Gauthier, jeune ingé son du studio Ouaga Jungle, ou de Sonia, représentante de l'ONG France Volontaires, et qui dès demain devrait me mettre en contact avec son réseau lors de la Journée du Volontariat au CCF... Un dimanche ensoleillé, où 45 baptêmes ont eu lieu dans le quartier, et où il est de coutume de rendre visite pour boire, manger et danser aux frais des familles que l'on ne connait pas... Le changement des tôles de ma chambre, qui me permet de dormir les nuits pluvieuses sans avoir à écoper pendant des heures... Des spectacles, concerts, pièces de théâtre à la pelle, et souvent d'une grande qualité... Les jeunes du quartier, enfin, qui me proposent quotidiennement de m'aider pour quelque entreprise que ce soit, et avec qui je passe des nuits entières à discuter de tout, de rien, mais surtout de choses passionantes...
Oui, décidément, tout va pour le mieux, et je profiterai de ces dernières semaines jusqu'à la dernière seconde, même si le désir de rentrer et de vous revoir se fait de plus en plus fort. Je sais par avance que les amis que je me suis fais ici me manqueront terriblement, et que je ne les reverrai sûrement pas avant plusieurs années (quoique... on ne sait jamais), donc je m'en vais dès à présent cueillir les roses de la vie pas plus loin qu'au maquis Fiesta, avant d'aller danser sur l'afrobeat du Black Jack. A très bientôt, pour ce qui sera peut être le dernier post de cette rubrique "Afrique" de mon blog... Et à dans pas très longtemps pour certains, quand je serai de retour sur le plancher des vaches!

La Place de la Révolution, qui n'en attend qu'une pour bien porter son nom
Ma piaule... à 15 euros le mois...

Faya l'inépuisable...
Ses neveux Alassane et Moussa
Sa fille Rahbia et son petit ami...
Comme une hyène en cage...
Pareil, mais d'une autre race...
Un enfant dans une boîte, parce qu'on en voit ici

lundi 30 mai 2011

Retour à Ouaga... (encore une fois)

Hello! Le temps passe... et le Maneken pisse... comme le dit si bien loïc...
Que s'est-il bien passé depuis la dernière fois que j'ai posté un message sur ce blog? Well, nous avons traçé la route avec Pia, Emilie et Tony, dans le camion de ce dernier, et avons passé quelques jours ensemble à Ouaga, chez la gentille Assana, profitant des nombreux maquis et de la chaleur estivale... Bon, ce dernier point, on aurait pu s'en passer, mais heureusement les tempêtes de la saison des pluies commencent tout doucement à pointer le bout de leur nez, rafraichissant un tantinet l'atmosphère.
Depuis, toute la petite bande est partie, Pia en Belgique, et nos deux tourtereaux sur la route du désert. Je me retrouve donc de nouveau seul toubab en ville, avec mes amis du cru, en attendant de trouver des associations qui accepteraient de se faire filmer. Car les deux dernières expériences associatives m'ont laissé un goût amer dans la bouche, et j'ai besoin d'images pour mener à bien mon projet.
En attendant, je vais peut être profiter un peu du fameux festival Jazz à Ouaga, qui m'a déjà permis de voir Vieux Farka Touré.

Pia, en noir et blanc, parce qu'en couleurs, elle se transforme en hamster de l'espace

Emilie et Tony, n'écoutant pas le proverbe burkinabé qui dit que l'abus de bégonia est dangereux pour la santé

Alors là, j'étais loin de m'imaginer trouver un pochoir Nemo en afrique, et pourtant...

Claude, en plein dessin "à la cire", sur un batik

Une commande de batiks en plein cours de travail

Islem le terrible, fils de la douce Assana, se régalant d'une omelette maison (j'aurais du photographier le sol)

Vieux Farka Touré, digne fils de son père Ali, mais dans un tout autre genre
 
Photo volée.. Désolé, Tony, mais elle est trop belle

mardi 17 mai 2011

Rupture brutale... mais pas si mal...

Il y a une semaine de cela, je me trouvais encore à Porto Novo, à travailler pour l'association Jeunesse Ambition. Malheureusement (ou fort heureusement selon de là où l'on regarde), un violent différent m'opposa à la femme du directeur (alias "maman"). Devant mes yeux se déroula un pastiche de tribunal correctionnel, où elle tenait tout à la fois les rôles de juge, procureur et avocate, laissant celui de bourreau à l'un des "grands" du centre, en le poussant à punir les fautifs à coups de bâton ou de lanière. Lorsque je me rendis compte de la chose, en entendant les hurlements de douleur de la petite Déborah, je m'interposai bien évidemment, entamant ainsi aux yeux des gamins la première révolte contre l'autorité arbitraire et jamais remise en question de leur direction. Mais cela ne s'arrêta pas là! Je revins un peu plus tard pour tenter de discuter plus calmement avec le directeur lui même, Lucien (dit "papa"), quand soudain il vit rouge et remit en cause notre présence dans les murs de son centre... Une brutale algarade eut lieu devant les enfants, où nous faillîmes en venir aux mains, ce que je déplore. Vous vous doutez bien qu'après leur avoir adressé un clin d'œil malicieux en guise d'adieu, je quittai le centre pour de bon, et dès le lendemain, la ville elle même. Je tiens à préciser que l'histoire n'en restera pas là, et qu'à mon retour je prendrai les mesures nécessaires pour que les châtiments corporels cessent dans cet "orphelinat"...
Depuis, nous nous sommes rendus à Abomey, capitale des rois et de l'empire Dahoméen, où nous avons rencontré Tony (photographe baroudeur) et Emilie (danseuse stellaire), un couple de toulousains venus en camion depuis la France (et connaissant bien les potes de l'Herbe Folle!), qui nous a accepté à leur bord dans leur remontée vers le Burkina. Belle rencontre, qui m'a convaincu davantage que mon avenir est vraiment dans le voyage, et qui nous a emmené également ensemble au Parc de la Pendjari pour un safari mémorable. En effet, à défaut d'avoir rencontré des lions (tant convoités!), nous avons eu notre content d'éléphants, de crocodiles, de singes, de phacochères, d'antilopes innombrables de toutes sortes, d'une myriade oiseaux magnifiques, et même de lycaons... Grandiose! Même si dormir à l'arrache dans les miradors du parc, à deux pas de tous ces prédateurs, n'était pas spécialement rassurant je dois l'avouer... Sur une si belle lancée, et sans trop savoir où nous voulions nous rendre après cela, nous avons poussé la route jusqu'à Ouaga, d'où je vous écris aujourd'hui. La suite reste encore obscure, étant dorénavant frileux quant aux associations africaines, et n'ayant d'ailleurs plus de nouvelles de celle où je suis sensé bosser en Juin. peut être allons nous explorer le nord du pays dans la partie sahélienne, afin de se balader en chameau et rencontrer des guérilleros du Niger... On verra...

Pour ne pas changer mes habitudes, voici l'église d'Abomey

Blason de l'un des nombreux rois de Dahomey, présents sur tous les murs de la ville
Fresque vaudou sur la case des sacrifices (humains, cela va sans dire...
Représentation des Revenants, autrement dit des Masques qui demandent de l'argent dans la rue, et qui frappent ceux qui ne donnent pas assez... Et tu ne peux pas répondre!
Forêt de statues, chez Monique, mini jardin d'Éden à Abomey
Le cametar de Tony, venu de Toulouse, et appelé En route vers le forum en l'honneur du forum social Mondial de Dakar, où ils ont bossé avec Emilie
Les fameux Émilie et Tony
Aldo Maccione, tatoué, dans les chutes de tanongou

La cascade de Kouta, mais ça rend mieux en vrai, avec des petits serpents d'eau turquoise dedans
Émilie, pour une séance de Danse-Photo avec son homme
Le surfeur des roches, un taré qui ne vit que pour l'extrême et qui s'épile le torse ainsi

Je sais pas... J'adore ce panneau...
Au bord de la route, vers la Pendjari
Troupeau d'éléphants
Pareil...
Encore...
Antilopes
Crocodile
Une sieste bien méritée...



samedi 7 mai 2011

Le travail à la ferme...

Eh oui! Finis les jobs paisibles à s'occuper des enfants, à servir des bières ou des feuilletés florentins, à gueuler dans un micro, ou à faire le con sur scène en se prenant pour quelqu'un d'autre... Voici venu le temps de se salir les mains, comme un vrai fermier! Et ça commence bien... Pour pallier au délabrement avancé du terrain sur lequel nous travaillons, nous avons fabriqué un tamis "à 4 mains" pour avancer plus vite, nettoyant la terre sale et la transformant presque directement en un terreau qui sent bon les légumes à venir... Nous avons également reçu 25 lapins qu'il a fallu loger, nourrir et abreuver, et avons donc monté les cages dans le hangar, à côté de la dizaine de cochons gentiment achetés par l'association au même moment... Un vrai plaisir! Bien que jusqu'à présent, je n'ai pas eu à m'occuper de ces derniers, je sens que mon tour ne va pas tarder!
Nos temps libres, nous les avons utilisé pour parcourir la ville à pied ou en zem, explorant les moindres recoins du grand marché à la recherche de tissu ou écoutant assidument les piètres explications de la guide du Musée Da Silva, construit pour commémorer la traite négrière et rendre hommage à la famille entière de son fondateur...
Pas grand chose de nouveau finalement, mais il fallait bien écrire un mot pour justifier les photos à venir, et continuer de vous montrer mon quotidien si éloigné du votre.


Mannequin gay en pleine séance de pose pour un catalogue africain de jardinage

Lila la Lapine, celle qui rit quand on la câline

Coco le cochon, parce que le jambon, c'est bon

L'image parle d'elle même, mais pour les aveugles, voici le Musée Da Silva

Fresques naïves et pittoresques de l'intérieur du Musée. tout au fond, en number one, la fameuse "Mami Wata"


Une rue. Donnant sur le marché. Pas très intéressant, mais sympa